Photo d'un proche aidant qui pose sa main sur celle d'une personne en fin de vie.

Si le décès d’une personne aimée peut constituer une expérience intime et riche, il comporte son lot de moments difficiles. Lorsqu’on prend soin d’un proche, on voit notre quotidien restructuré en profondeur, en plus de traverser une gamme d’émotions complexes. Sans qu’on s’en aperçoive nécessairement, on commence à jouer un rôle exigeant et inédit, celui de proche aidant. Bien souvent, nos nouvelles responsabilités peuvent nous mener à négliger nos propres besoins, ce qui peut mettre en péril notre santé et notre capacité à prendre soin d’autrui.

Suis-je un proche aidant ?

Plusieurs d’entre nous seront appelés à devenir proches aidants, parfois même sans souscrire consciemment à l’étiquette. Comme la relation d’aide s’installe progressivement, il est parfois difficile d’en prendre la juste mesure. De plus, parce qu’elle s’inscrit d’ordinaire dans une dynamique familiale ou amicale, elle peut sembler naturelle, voire normale. Pourtant, à partir du moment où on prend régulièrement soin d’une personne malade, on endosse le rôle de proche aidant, que ce rôle nous donne le droit ou non à des Prestations de compassion. Si je m’occupe de ma mère en fin de vie, j’accomplis des tâches qui ne m’incombaient pas avant. Par exemple, je dois la nourrir, la laver et l’aider à se déplacer. Je transcende ainsi peu à peu mon rôle filial pour jouer celui de proche aidant.

Quels sont les défis des proches aidants ? 

En portant un nouveau chapeau de proche aidant, on doit faire face à toutes sortes de défis et d’apprentissages, en plus de composer avec la douleur et l’angoisse de perdre un être cher. On peut souffrir d’épuisement ou d’isolement, car l’expérience unique et indescriptible qu’on traverse s’avère parfois difficile à partager, surtout dans des conditions où le temps et l’énergie manquent. On pourrait également pâtir d’un manque de sommeil, d’une santé mentale précaire ou encore vivre des ennuis financiers, surtout si nous sommes contraints de quitter notre emploi.

Pourquoi prendre soin de soi lorsqu’on est proche aidant?

Il est important de garder en tête qu’il faut s’aider soi-même avant d’aider les autres. En s’écoutant et en prenant le temps de recharger ses batteries, nous sommes plus disposés à habiter le moment présent, de prodiguer des soins de qualité et de vivre pleinement les derniers moments qu’il nous reste avec l’être cher. Il faut aussi souligner que les personnes en fin de vie n’ont plus la possibilité de prendre soin des autres. Ils peuvent également se sentir comme un fardeau pour leurs proches. De nous voir continuer à nous faire plaisir peut procurer indirectement du soulagement aux personnes en fin de vie.

Comment les soins thérapeutiques peuvent-ils aider les proches aidants?

À la Maison St-Raphaël, une équipe multidisciplinaire offre une gamme de services thérapeutiques visant le bien-être physique, émotif, psychologique et spirituel des personnes vivant avec une maladie incurable et des proches aidants. Voici quelques bénéfices que peuvent retirer les proches aidants de ces soins thérapeutiques :

Travail social

Les travailleurs sociaux peuvent aider à identifier nos besoins et à mettre sur pied un plan d’intervention personnalisé. Ils peuvent aussi faire preuve d’une écoute bienveillante, guider vers des ressources et aider à la rédaction d’un testament ou encore à la gestion financière.

Acupuncture

Située au carrefour du corps et de l’esprit, l’acupuncture permet d’accueillir ses émotions et offre un répit physique aux vertus calmantes. En intervenant sur l’activité cérébrale, cette approche thérapeutique permet une meilleure gestion du stress et de l’anxiété.

Art-thérapie

Dans un contexte où l’énergie se fait rare, les approches non verbales comme l’art-thérapie peuvent parfois demander moins d’effort de la part des participants. Travailler des médiums comme l’argile, la peinture ou encore la photo apaise l’anxiété, améliore l’estime de soi et redonne de la vitalité, en plus de permettre d’exprimer des émotions parfois difficiles.

Massothérapie

Lors d’un massage, on apaise le système nerveux, on renforce nos défenses immunitaires et on reprend contact avec ses sensations, ce qui nous permet de nous ancrer dans l’instant présent. Une fois dans son corps, on prend conscience de nos limites physiques et psychologiques, une étape essentielle au processus d’autosoin.

Musicothérapie

La musicothérapie nous rappelle de vivre des moments de plaisir, petites lucioles salvatrices qui éclairent un quotidien souvent chargé. On peut aussi tirer profit des ateliers pour explorer les liens qui nous unissent à l’être aimé ainsi que nos propres émotions.

Si ces différents services visent à améliorer la qualité de vie des proches et à briser l’isolement, ils permettent aussi de vivre des émotions dans un environnement sécuritaire. Rappelons-nous que si nous nous permettons d’être là pour nous-mêmes, nous pourrons soutenir notre proche dans la mort et vivre pleinement avec lui cette étape cruciale et privilégiée de la vie.

Pour en savoir plus sur les soins et services qui sont offerts gratuitement au Centre de jour de la Maison St-Raphaël, cliquez ici.

Partagez cette nouvelle