Étudiante au doctorat en psychologie et bénévole à la Maison St-Raphaël, Stéphanie incarne depuis quelques mois une présence discrète mais essentielle auprès des personnes en fin de vie. Sans horaire fixe, elle adapte ses disponibilités au rythme de ses engagements académiques, revenant dès qu’elle le peut prêter main-forte à l’équipe de soins et du centre de jour. Pour elle, cet engagement va bien au-delà du simple bénévolat : il s’inscrit dans une réflexion profonde sur la place de la mort et du deuil dans notre société, des réalités souvent mises à distance, mais qu’elle considère fondamentales à reconnaître.
Avant d’entreprendre son parcours actuel, Stéphanie a d’abord complété un baccalauréat en administration des affaires et a travaillé en marketing numérique pendant plusieurs années. Elle a ensuite amorcé un virage vers la psychologie, domaine dans lequel elle poursuit aujourd’hui un doctorat. Ses recherches portent sur le vécu du deuil, un sujet qui fait écho à son implication à la Maison St-Raphaël et à son désir de mieux comprendre et accompagner les expériences humaines liées à la perte.
Dans ses tâches de bénévolat, ses journées varient selon les quarts. Elle soutient les préposé·e·s, les infirmier·ère·s et l’ensemble du personnel en veillant aux besoins du quotidien : préparer le matériel, servir les repas, échanger avec les résident·e·s ou simplement être présente. Des gestes, parfois simples, mais qui contribuent à alléger la charge de travail des équipes et à offrir un accompagnement plus humain aux patient·e·s.
Ce qu’elle apprécie le plus dans son rôle, ce sont les rencontres. Qu’il s’agisse des résident·e·s, des visiteur·euse·s ou des collègues, chaque interaction est, selon elle, riche de sens. Elle souligne le dévouement remarquable du personnel soignant, en première ligne pour assurer le bien-être des patient·e·s et de leurs proches, ainsi que toutes les personnes qui travaillent dans l’ombre mais qui permettent d’offrir autant de ressources et soutien aux communautés. Elle constate aussi à quel point les bénévoles sont indispensables au bon fonctionnement des services.
La Maison St-Raphaël représente pour elle un lieu à part. Dès qu’elle y entre, elle ressent un apaisement, une invitation à revenir à l’essentiel. Cette proximité avec la fin de vie lui rappelle la fragilité et la valeur du moment présent, tout en nourrissant son besoin de laisser une place au deuil, à la mort et à la vulnérabilité dans sa propre vie.
Parmi les œuvres qui l’ont marquée, elle cite le film Hamnet. Elle y a été touchée par la manière dont le film aborde la relation aux autres, le lien à la nature et le rôle de l’art pour exprimer la complexité de l’existence. Le film met aussi en lumière l’importance du soutien collectif face à la perte, une idée qui résonne profondément avec ses valeurs.
Si elle pouvait transformer la société d’un geste, Stéphanie souhaiterait qu’on accorde davantage de place à la mort, au deuil, mais aussi à la communauté, au bien commun et à la chaleur humaine. Dans un quotidien idéal, elle privilégie d’ailleurs des moments simples : être dans la nature et partager du temps avec les personnes qu’elle aime. Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle ferait si elle avait des superpouvoirs, elle affirme ne pas en ressentir le besoin en ce moment. Au contraire, sa quête actuelle se concentre à tenter d’embrasser pleinement son humanité, avec tout ce qu’elle comporte de complexité et de vulnérabilité.