Portrait : Luc Pelletier, bénévole

À la Maison St-Raphaël, certaines présences se distinguent par leur constance et leur capacité à créer des liens. Luc Pelletier est de celles-là ! Bénévole engagé depuis bientôt 6 ans, la belle histoire de Luc avec la Maison St-Raphaël commence en 2020, à son retour des Cantons-de-l’Est. Un jour, il entend une entrevue à la radio de notre directrice des services multidisciplinaires Véronique Després, qui évoque le rôle essentiel des bénévoles à la Maison St-Raphaël. À ce moment-là, déjà à la retraite, quelque chose résonne profondément en lui. Il note le nom sur un bout de papier, avec l’idée d’appeler plus tard. Peu de temps après, il voit passer une annonce pour une journée portes ouvertes et décide de s’y rendre. Sur place, il croise Julie Jobin, une ancienne massothérapeute de la Maison aujourd’hui à la retraite, mais surtout une amie qu’il connaît depuis près de 20 ans.

Luc est bénévole à la réception du 2e étage, où il assure des quarts de 5 heures tous les deux lundis et tous les deux mercredis. En théorie, il commence à 9 h, mais pour lui, la journée commence toujours un peu plus tôt. Il aime arriver un peu à l’avance pour prendre le temps de s’assurer que tout est en place, que les lieux sont accueillants, prêts à recevoir. Un souci du détail, vous allez le voir plus loin, qui n’est pas anodin. Il accorde une attention particulière à l’accueil des patient·e·s nouvellement admis·e·s. 

Il aime aller à leur rencontre dès leur arrivée, les saluer à la porte, échanger quelques mots, même brièvement. Un geste simple, mais profondément significatif à ses yeux. Chaque regard, chaque mot, chaque attention compte. Pour lui, offrir une présence humaine dès les premiers instants, c’est une manière de contribuer à rendre ce passage un peu plus doux, reflétant une intention profonde : faire en sorte que chaque personne qui franchit les portes se sente attendue. Il le sait : pour ces patient·e·s, la Maison St-Raphaël sera leur dernière maison.

Un parcours façonné par l’expérience

Luc se décrit avant tout comme un autodidacte, un apprenant par la pratique et par l’expérience. Il détient un diplôme de secondaire 5 et après, il a rapidement fait le choix d’entrer sur le marché du travail. Au fil de son parcours, il a développé de manière intuitive des compétences clés : organiser, gérer, analyser, résoudre. Des aptitudes qu’il n’a pas acquises sur les bancs d’école dit-il, mais bien sur le terrain, à travers les défis et les opportunités. Et, plus tard, animé par le désir d’approfondir certaines connaissances, il a suivi des cours du soir en comptabilité. Il a également pris des cours en créativité à l’Université de Montréal, en plus de participer à divers ateliers en croissance personnelle et en relations humaines.

Sur le plan professionnel, Luc a eu un parcours riche et diversifié. Au fil des années, il a évolué dans le domaine de la vente et du développement de marché, principalement au sein de petites entreprises. Il a également travaillé comme agent hypothécaire et a fait l’expérience du travail autonome. Dans ses différents emplois, Luc n’a peut-être pas toujours créé les postes qu’il occupait, mais il a souvent contribué à les transformer, à les adapter et à les faire évoluer selon les besoins.

Le bénévolat n’est pas nouveau pour Luc : il en fait depuis l’âge de 15 ans. S’engager, donner de son temps, être utile aux autres : cela fait partie de son identité. Ce qui fait qu’à la Maison St-Raphaël, Luc ne se limite pas à un seul rôle. Bien qu’il soit principalement à la réception, on peut aussi le retrouver à la buanderie, à la cuisine, et, durant la saison estivale, dans le jardin.

Ce muret de pierres, que vous avez sans doute reconnu sur la photo, a été entièrement conçu par Luc à partir de matériaux provenant directement du terrain de la Maison. Un projet qu’il continue, encore aujourd’hui, de contempler avec fierté. Luc s’implique également dans l’encadrement de bénévoles corporatifs, notamment lors d’activités saisonnières comme le ramassage des feuilles à l’automne.

Le cœur de son engagement : l’humain

Lorsqu’on lui demande ce qu’il aime le plus dans son engagement à la Maison St-Raphaël, Luc répond sans hésiter : TOUT. Il reconnaît toutefois qu’il lui serait difficile de se passer de la réception, là où, selon lui, se trouve le cœur de son implication. Il aime y discuter, écouter, échanger. Chaque rencontre est pour lui une occasion de créer un lien, même bref. Certaines journées sont plus animées, d’autres plus calmes, mais pour Luc, chacune a sa valeur. Sa présence régulière, plusieurs jours par semaine, lui permet ainsi de croiser une grande diversité de personnes : patient·e·s, proches, membres du personnel, bénévoles. Une diversité qu’il apprécie particulièrement.

Des expériences marquantes face à la mort

Sur le thème de la mort, Luc évoque avec une grande sincérité et de manière très personnelle des expériences avec deux figures importantes pour lui : sa marraine, chez qui il allait passer tous ses étés durant sa jeunesse, puis sa mère. Toutes les deux ont subi un AVC et se sont retrouvées dans le coma. Malgré leur état, Luc a senti qu’elle l’avait choisi pour être la dernière présence avant leur départ. Ces expériences ont profondément marqué sa vie. Encore aujourd’hui, quand il y repense, ces deux femmes agissent comme une sorte de repère, une boussole intérieure.

En dehors de son engagement à la Maison St-Raphaël, Luc cultive des intérêts qui lui permettent de rester actif et curieux. Il s’intéresse beaucoup aux finances personnelles. Il suit les marchés boursiers, gère lui-même ses placements et a construit, au fil du temps, son propre fonds de pension. Pour Luc, une journée de congé idéal, c’est de pouvoir partir à vélo et explorer les ruelles du grand Montréal. Se laisser porter par le moment, découvrir de nouveaux coins, observer. Et quand on lui demande, que ferait-il s’il avait un superpouvoir, il choisirait quelque chose de fondamental : que tout le monde puisse vivre en paix!