Il y a environ trois ans, Jean prenait sa retraite. Il s’était toujours dit qu’il voulait faire du bénévolat lorsqu’il en aurait fini avec le monde du travail. Il ne savait pas encore où, ni comment, mais il voulait continuer à se sentir utile, à contribuer. Il se trouve que Jean habitait le meuble immeuble que Joan, bénévole à la Maison St-Raphaël, qui lui parlait souvent de notre Maison de soins palliatifs. Et comme souvent dans la vie, c’est une conversation inattendue qui a tout déclenché. Un matin, comme par magie, ils se sont croisés devant leur immeuble, alors que Joan partait pour la Maison St-Raphaël. Elle l’a invité à faire une visite de la Maison, juste pour voir. Ce qu’il découvre ce jour-là dépasse toutes ses attentes.
Dès qu’il pose les yeux sur le bâtiment, un souvenir enfoui remonte : l’ancienne église où il allait, c’était ici. Ce détail anodin devient soudain une évidence. « C’est ça, ta Maison St-Raphaël ? » demande-t-il à Joan, déjà sous le charme. En à peine une demi-heure de visite, c’est décidé, Jean était déjà bénévole à la Maison St-Raphaël. Il a commencé le lundi suivant. « J’ai eu le coup de foudre, tout le monde souriait, les patient·e·s, les employé·e·s, les bénévoles. Je me suis dit : c’est ici que je veux être. »
Depuis un peu plus d’un an, Jean est bénévole à la Maison St-Raphaël, où il incarne à merveille l’essence du lieu : une présence discrète, bienveillante et généreuse. Chaque semaine, il est présent de 9 h à 14 h, le mardi et le jeudi, assurant l’entretien avec simplicité et efficacité. Il est toujours prêt à intervenir dès qu’un petit souci survient — déboucher un évier, remplacer un tuyau, changer une ampoule. « Je fais un peu de maintenance, rien de compliqué, mais des choses utiles », glisse-t-il modestement.
Un parcours professionnel de terrain et d’expérience
Avant de trouver sa place à la Maison St-Raphaël, Jean a construit une vie professionnelle riche et diversifiée. Il commence tôt, dès la fin du secondaire 5. Il entre sur le marché du travail, et gagne son autonomie. Mais l’envie d’aller plus loin ne le quitte pas. Alors, malgré les obligations familiales, il reprend ses études. Il entreprend un baccalauréat en administration à HEC Montréal, qu’il complète sur neuf années, à temps partiel. Une démonstration remarquable de persévérance.
Sur le plan professionnel, il a occupé le poste de vice-président chez Roctest, puis au sein de la SDCEM, une entreprise française reconnue pour sa spécialisation dans la fabrication, la vente et l’installation d’équipements de distribution et de commande électrique. Par la suite, il choisit de se lancer dans l’entrepreneuriat. Avec un ami, il fonde une entreprise de rénovation, qu’ils ont dirigée et développée ensemble pendant près de huit ans. « On ne manquait jamais de boulot, c’était une super époque. » Quand son partenaire prend sa retraite, Jean continue seul cinq années de plus.
Aujourd’hui, Jean met ces compétences au service de la Maison St-Raphaël. Ce qui le motive par-dessus tout, ce sont les remerciements, l’attention. « Mark, surtout, me félicite toujours après une tâche. C’est touchant et je me sens valorisé. » Ce qu’il reçoit à la Maison St-Raphaël, Jean le dit sans détour : de la joie. « C’est un endroit qui me remonte le moral, qui recharge mes batteries. Je ressors toujours d’ici avec le sourire. » Il y retrouve une atmosphère d’entraide, de respect, et un équilibre parfait entre action et humanité.
Lorsqu’on lui demande de parler d’une œuvre qui l’a marqué sur le thème de la mort, Jean cite le film Il pleuvait des oiseaux. « C’est un film touchant, plein de simplicité, avec des personnages de mon âge. Il y a une beauté dans la façon dont le sujet est abordé, sans artifices. Il montre que chacun·e à sa façon de voir la fin de vie. Et ça, ça me parle. »
En dehors du bénévolat, Jean reste actif. Une journée parfaite pour lui est une journée passée dehors, à pratiquer du sport. Il aime bouger, respirer, profiter du moment présent. Et s’il faut parler plaisirs coupables, il n’hésite pas une seconde : « Les îles flottantes. Mon dessert préféré. » Un dessert dont sa mère détenait jalousement la recette. Heureusement, sa femme a su en préserver le secret, perpétuant ainsi une douce tradition familiale.
Jean Archambault n’est pas du genre à chercher la reconnaissance. Discret, mais présent. Modeste, mais profondément engagé. Il montre que la contribution d’un bénévole ne se mesure pas seulement en tâches accomplies, mais aussi — et surtout — en humanité partagée. La Maison St-Raphaël lui a offert un espace pour continuer à donner, et Jean, en retour, y sème chaque semaine un peu de sa bienveillance avec sa présence précieuse, dont l’impact se fait sentir bien au-delà des murs.


