Le mercredi 4 février dernier, le Centre de jour de la Maison St-Raphaël a accueilli une formation essentielle sur l’équité dans le milieu des soins palliatifs, animée par le Dr Naheed Dosani (Excellence en santé Canada), Marie-Hélène Marchand (Projet Maison Mobile) et Na’kuset (Foyer pour femmes autochtones de Montréal), trois intervenant·e·s engagé·e·s auprès de populations en situation de vulnérabilité. Réunissant plus d’une soixantaine de participant·e·s, la formation a exploré comment adapter les soins palliatifs pour répondre aux besoins de populations vulnérables et comment intégrer l’équité au cœur des pratiques cliniques.
La fin de vie comme expérience sociale
L’un des principes fondamentaux de l’approche palliative est de considérer la mort et la fin de vie avant tout comme des expériences sociales et non seulement médicales, afin de favoriser une prise en charge holistique qui repose à la fois sur les priorités de la personne accompagnée et sur les déterminants sociaux de la santé, tels que le logement, la sécurité et le réseau social. Offrir un accès équitable aux soins palliatifs devient ainsi une question de justice sociale, en particulier pour les personnes en situation de vulnérabilité.
Défis rencontrés par les personnes en situation d’itinérance
Les personnes en situation d’itinérance connaissent des conditions de santé particulièrement précaires et les modèles traditionnels de soins palliatifs échouent souvent à répondre à leurs besoins en raison de critères d’admissibilité rigides, de parcours de soins complexes, d’une méfiance envers le système de santé et d’un manque d’espaces sûrs adaptés.
Les obstacles structurels incluent également des services cloisonnés, une invisibilité des besoins et des contraintes de personnel, tandis que les prestataires doivent souvent composer avec des lacunes en formation sur l’équité, la réduction des préjudices et la prise en compte des traumatismes.
Les leçons des soins palliatifs axés sur l’équité
La formation a mis en lumière cinq leçons clés pour offrir des soins palliatifs adaptés aux populations vulnérables :
Prendre soin des équipes et des bénéficiaires
La charge émotionnelle liée aux soins de fin de vie est importante. Les équipes ont besoin d’espaces pour des discussions post-intervention, des rituels et des commémorations. L’épuisement professionnel n’est pas une faiblesse, mais un signal nécessitant une culture de repos et de réflexion. Pour les bénéficiaires, il est essentiel de respecter leurs volontés, leurs préférences culturelles et spirituelles, et de construire la planification de soins autour de leur compréhension de la maladie et de leurs réseaux de confiance.
L’équité dans le milieu des soins palliatifs nécessite de repenser les pratiques traditionnelles pour inclure mobilité, flexibilité, réduction des préjudices, soutien par les pairs et logement stable. L’approche centrée sur la personne et sur le vécu expérientiel, combinée à une collaboration interservices et à l’amour radical, permet d’améliorer significativement l’expérience des personnes en fin de vie et de renforcer la justice sociale dans l’accès aux soins palliatifs.
La formation du 4 février à la Maison St-Raphaël a illustré concrètement comment ces principes peuvent être appliqués au quotidien pour répondre aux besoins des populations vulnérables, tout en soutenant le personnel soignant et en favorisant un environnement inclusif et humain.