Le temps des fêtes peut être une période difficile pour les personnes endeuillées : il ravive de nombreux souvenirs de la personne qui nous a quittés et leur absence se fait sentir. Ces souvenirs peuvent parfois être heureux, mais pas seulement, et cela peut provoquer des sentiments culpabilité, de vide et même de colère. De plus, comme il s’agit d’une période associée à la joie, les personnes endeuillées peuvent se sentir en inadéquation avec les autres, si elles n’ont pas le cœur à la fête. Elles peuvent aussi envier la joie des autres, alors qu’elles ressentent plutôt des émotions difficiles.

« On a tendance à voir le deuil comme un processus linéaire. Au contraire, c’est un processus qui se réactive à certains moments, comme pendant le temps des fêtes. Alors qu’on se sentait mieux, les émotions qui sont propres à notre cheminement personnel peuvent être ravivées, ce qui peut parfois être inattendu et déroutant. Le plus important est d’accepter comment on se sent, de ne pas mettre un masque joyeux et de se donner le droit de vivre ces émotions. » – Véronique Després, directrice des services multidisciplinaires.

Exprimer ses sentiments

Peu importe la nature des sentiments, il est important de ne pas les garder à l’intérieur et de trouver des moyens de les extérioriser. Que ce soit en écrivant dans un journal, en en parlant à des proches ou en les exprimant de manière créative à travers les arts ou la musique, l’expression des sentiments est la première étape qui permet d’apaiser ce que l’on vit.

Il peut également être bénéfique de partager comment on se sent aux personnes qui nous entourent. Nous pourrions être tentés de le cacher à nos proches pour préserver l’ambiance festive, mais il est important de garder en tête qu’il s’agit avant tout de moments pour se retrouver avec les autres, tels que nous sommes. Nos proches seront sans doute enclins à nous épauler. Il est de plus fort probable que d’autres personnes vivent des émotions similaires aux nôtres et qu’ils n’osent pas en parler. En plus de nous aider dans notre propre deuil, de partager comment nous nous sentons peut nous permettre de nous rapprocher des autres.

Finalement, il ne faut pas hésiter à chercher l’écoute d’un professionnel. Un psychologue, un psychothérapeute ou un travailleur social pourrait par exemple être d’un grand soutien. En plus de la Maison St-Raphaël, il existe de nombreux organismes qui offrent du soutien individuel ou de groupe aux personnes endeuillées comme Lumi-Vie, Infodeuil ainsi que La Maison des Petits Tournesols. Certains salons funéraires et les CLSC offrent également des services de soutien. Les groupes de soutien, qu’ils soient en présentiel ou en virtuel, sont d’ailleurs d’excellents lieux pour trouver une écoute, car on y rencontre des gens qui vivent des émotions similaires aux nôtres.

Prendre le temps de commémorer l’être cher

Prendre le temps de commémorer un être cher, c’est un moyen de rendre hommage à la personne qui nous a quittés et de lui créer une présence symbolique. C’est aussi une manière de nous donner un espace pour vivre nos émotions, qu’elles soient agréables ou difficiles.

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises manières de souligner un être cher : il n’y a que votre manière à vous de le faire. Voici quelques idées de commémoration dont vous pouvez vous inspirer :

  1. Créer un petit espace commémoratif et y ouvrir une bougie en l’honneur de la personne.
  2. Écrire un texte à propos de la personne et le réciter à des proches ou encore le publier en ligne.
  3. Réciter une prière ou prendre une minute de silence en l’honneur de la personne.
  4. Regarder des photos de la personne.
  5. Faire un projet artistique comme l’écriture d’un texte ou d’un poème, un dessin ou une peinture.
  6. Écouter de la musique ou un film que la personne aimait.
  7. Organiser un souper avec d’autres proches qui ont connu l’être cher, et faire des toasts en son honneur.
  8. Faire un don, amasser des fonds ou offrir du temps à une cause en l’honneur de la personne.

Écouter ses besoins

Il ne faut pas se sentir mal de manquer des événements, si nous n’avons pas le cœur pour y être. Cela vaut aussi pour l’organisation d’événements, l’achat de cadeaux ou l’installation de décorations. Il ne faut pas non plus hésiter à demander de l’aide à nos proches ainsi que leur exprimer nos besoins et nos limites. Nous pouvons ainsi nous autoriser à modifier certaines traditions, les suspendre, ou en créer de nouvelles.

Véronique Després rappelle finalement que beaucoup de personnes vivent des moments difficiles pendant le temps des fêtes, qu’elles soient ou non en processus de deuil : « Beaucoup de gens vivent de la solitude pendant le temps des fêtes. C’est tout à fait normal. Si c’est le cas, n’attendez pas les invitations. Prenez les devants pour planifier votre horaire des fêtes : contactez les personnes que vous avez envie de voir et organisez-vous des activités qui vous feront plaisir comme regarder un film au cinéma, visiter une exposition d’art ou marcher en nature ».

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